Dans les années 80, Ardelaine est un des pionniers à reconstruire en ultra-local, en Ardèche, une filière laine complète. J’ai adoré découvrir leur parcours, si inspirant, à travers la lecture du livre retraçant leur histoire : Moutons Rebelles.
Les éleveurs·ses, à la source de la production de la matière première, se sont naturellement regroupés par territoires. Ces associations leur permettent de s’unir, pour ensemble donner une vie à la laine de leurs troupeaux. Ainsi, elles maintiennent les savoir-faire et maitrisent une valorisation de l’ensemble de leur travail.
Une association inter-professionnelle nationale, le collectif Tricolor vient lui aussi, en complémentarité, promouvoir la renaissance de la filière laine. L’association a pour mission d’accompagner les acteurs·rices de la filière pour augmenter la quantité de laine valorisée sur le territoire.
Il existe aussi des projets lainiers des plus poétiques dans l’habillement ou encore l’ameublement : Laines Paysannes, Pyloow, Chandam, Arpin, etc.
Aussi des marques innovantes capitalisent sur les propriétés thermiques de la laine. Cinthia et Élodie ont imaginé le Mouton Givré. Elles fabriquent dans le Lot, des sacs isothermes (en laine, lin et chanvre) pour transporter pique-nique et repas du midi.
D’autres se positionnent en “fournisseur” de matière. C’est le cas de beaux projets comme celui d’Enora, en Bretagne avec La Ferme à laine (production de nappe cardée, aiguilletée et feutrée). L’entreprise Traille, dans le sud-ouest, produit une ouate isolante en laine locale, pour rembourrer vêtements et autres textiles.
Ces projets ne seraient possibles en France sans la dernière entreprise du pays de lavage de laine (semi-industriel) : Laurent Laine.
Et puis viennent les tisserands compléter la liste des transformateurs. Ils proposent leur spécialité, leurs techniques et savoir-faire pour répondre aux besoins exprimés. C’est notamment le cas de l’atelier Le Passe-Trame par exemple, qui tisse et foule la laine depuis 1990.
Enfin, de nombreux·ses artisan·e·s continuent de filer, feutrer, transformer la laine de manière authentique, parfois artistique. Le partage et la transmission de leur passion participent également à rendre la filière bien vivante